Q comme Quelques… #ChallengeAZ 2019

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En cette année 1744, un évènement touche de près les paroissiens du village de Glénac dans le Morbihan ! Leur curé vient de décéder et, sans doute lors de sa prise de fonction, le nouveau prêtre s’aperçoit que les registres ont été mal tenus pour les années 1742 et 1743.

Un procès-verbal est établi, un arrêt de la Cour est enregistré ! Le prêtre a transcrit l’affaire :

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Archives Départementales Morbihan, BMS 1716-1792 Glénac, 1742, vue 217  

Il est tout d’abord rappelé que les recteurs et desservants doivent, selon les ordonnances publiées, enregistrer sur des registres les baptêmes, les mariages et les sépultures qui ont lieu dans leurs paroisses.

Or, le curé décédé n’avait apparemment pas eu « l’attention de se conformer aux ordonnances » : « quelques dattes sur papier détaché sur les quels Il écrivoit quelques mariages, baptesmes et sépultures, les uns sans dattes, les autres sans présances de thesmoins ».

Le Procureur Général qui a établi le procès-verbal estime qu’il s’agit d’une « négligeance et contravantion aux ordonnances » qui a pour « pour conséquance très dangereusela surté de l’état des familles ». Aussi est-il impératif d’y apporter une solution.

Suite à ce procès-verbal, la Cour ordonne par un arrêt du 30 janvier 1744 que « ceux dont les mariages ont estez célébrez, les enfants baptizéz et les parants inhumez pendants les années 1742 et 1743, seront tenus de comparoir devant lesdits juges et procureur fiscal aux jours par eux indiqués pour faire leurs déclarations desdits baptesmes, mariages et sépultures qui les interressent, pour letout estre porté sur les registres, suivant l’ordre des dattes, et par eux signés s’ils le savent faire ou prudhommer à leurs requestes, et par le recteur ou desservant actuel. »

Cet arrêt doit être publié au prône de la grande messe du dimanche, et ce 3 dimanches de suite. Le prêtre de Glénac note d’ailleurs avoir lu et publié l’arrêt les dimanches 9, 16 et 23 février 1744.

L’acte se termine par la convocation des personnes concernées par l’affaire fixée au 9 mars 1744 au bourg de Glénac.

La transcription a été faite non seulement à la fin de l’année 1742 mais aussi à celle de l’année 1743 (vues 225-226).

Nous pouvons nous questionner sur l’exactitude de ces actes ainsi enregistrés car des habitants de Glénac ont pu déménager avant cet arrêt ou des personnes ont pu être de passage au cours duquel elles ont pu déclarer un baptême ou une sépulture !

Pourquoi ce prêtre a-t-il été si négligent ? Il s’agit sans doute du prêtre curé d’office qui signe Sebillet en 1741. D’ailleurs, en consultant l’année 1743, je trouve la sépulture d’un Joseph Sebillet curé d’office de Glénac au 27 décembre. Il est décédé la veille à l’âge de 39 ans.

Cette négligence peut être attribuée à une maladie qui l’aurait empêché de bien faire son travail car avant 1742 les registres ne font pas l’objet de l’arrêt. Était-il seul à desservir la paroisse, aucune assistance qui aurait pu remarquer son état et suppléer à l’enregistrement des actes ?

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Archives Départementales Morbihan, BMS 1716-1792 Glénac, vue 224

Cette affaire me fait penser à l’incendie de l’état civil de Paris en 1871, à la suite duquel il a fallu reconstituer les actes !

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