#ChallengeAZ – O comme ouvrière agricole

Au moment de son mariage, en 1949, ma grand-mère Agnès est dite ouvrière agricole. D’après la famille, elle l’était déjà au décès de son père en 1947. Sa sœur aînée Lucienne, épouse de Célestin Bédard, cultivateur, l’accueille chez elle en échange d’un travail quotidien dans leur ferme.

Quelle définition donnée à cette catégorie au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale ? Certains rapprochent l’ouvrier agricole du journalier du début du siècle. Pourtant, en 1949, dans l’acte de mariage d’Agnès, les futurs époux sont dits ouvriers agricoles mais les parents de l’époux, Jean Marie LE FIER DE BRAS et Jeanne LE CHÊNE sont journaliers. L’officier d’état civil marque une différence.

ouvrière

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Extraits de son acte de mariage-Archive privée-Mairie de Pleucadeuc

Le journalier, comme son nom l’indique, travaille à la journée. Ils travaillent donc au rythme des saisons et de la demande de main d’œuvre des exploitants ; en cas de mauvais temps, ils ne gagnent pas de salaire.

Agnès est ouvrière agricole : elle est embauchée dans la ferme de son beau-frère de façon permanente. Même si elle est nourrie et logée, elle doit percevoir un petit salaire.

Quels travaux lui étaient réservés sur l’exploitation ? Les défrichements, la fenaison, la moisson, les battages, le labour, les mises en culture, ce sont de gros travaux qui sont certainement réservés aux hommes ; le maraîchage, l’élevage, la traite, le jardin, les animaux de basse-cour, la cueillette des fruits, la récolte des légumes, le sarclage, le nettoyage de l’étable…petits travaux qu’Agnès a pu faire ?

Son beau-frère, Célestin Bédard, possédait des vaches quand j’étais enfant. Pendant les vacances, nous allions chercher du lait à la ferme.

Ma mère m’apprend que ma grand-mère s’occupait de la traite des vaches à la main, participait à la culture des betteraves, au fauchage dans les champs à l’aide de faux, de faucille ou de serpette lors des moissons. Je me souviens avoir vu ces outils dans le hangar de mes grands-parents. Ce devait être un travail harassant car il fallait se pencher avec la faucille pour couper les herbes.

Mes grands-parents les utilisaient encore pour couper l’herbe de leur propriété. J’ai essayé cette faucille et c’était fatigant pour le dos !

La faux disposait d’un manche long ce qui permettait à l’ouvrier de rester presque droit pour couper le foin au moment de la fenaison ou des céréales au moment de la moisson. Manuelle à l’époque d’Agnès, la moisson consistait à confectionner des gerbes qui étaient entassées en meules, le temps que sèche la récolte avant le battage (séparation des grains de la paille). Le ramassage devait se faire avant les pluies. C’étaient le temps où tout le monde venait aider aux champs, même les écoles fermaient pour laisser les enfants participer aux travaux pendant le mois d’août.

Après son mariage, ma grand-mère sera mère au foyer comme beaucoup de femmes à cette époque. Les hommes partaient au travail et les épouses s’occupaient de la maison. Agnès n’échappe pas à cette règle mais aurait-elle souhaité travailler ?

La maison devient son domaine : ménage, cuisine, enfants, lessive, jardin, animaux de basse-cour (lapins, poules…), courses…

moisson

Moisson fauchage des blés-Musée de Bretagne

 

 

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