Jean Marie LE CHÊNE, #Généathème

Le générateur de numéro de ce généathème de juin 2018 m’a attribué le Sosa 26, et non pas le 18 ou ceux d’avant qui tombaient dans des branches sans issu, ancêtre de père inconnu ou abandonné. Donc…

Jean Marie LE CHÊNE voit le jour le 6 juin 1842 au village de la Reculée à Pleucadeuc, commune du Morbihan en Bretagne.

plan de Pleucadeuc

C’est une commune typique de cette région, à l’habitat dispersé. La population en grande majorité rurale vit dans des villages, qui permettent un minimum de vie collective. Le Bourg ne joue qu’un rôle secondaire : les habitants les plus éloignés ne s’y rendaient que pour la messe du dimanche où ils en profitaient pour s’approvisionner, pour la mairie afin d’enregistrer les actes de la vie, pour les célébrations religieuses (baptêmes, mariages, sépultures…), pour le marché s’il existait…

Jean Marie vit avec sa famille au village de la Reculée jusqu’en 1861, date à laquelle naît le benjamin de la famille, Jean Baptiste Marie au lieu-dit La Landelle (un peu plus haut sur la carte) où le père est journalier depuis 1857 (naissance de Pierre Marie).

Il est le troisième enfant né du mariage de Louis LE CHÊNE, laboureur, et de Brigitte LOZIER. Jusqu’à ce jour, j’ai relevé 9 naissances sur la commune de Pleucadeuc, en sachant qu’un des garçons a été trouvé par son décès transcrit en 1871.

Il vit son enfance dans la campagne et commence certainement à travailler dès son plus jeune âge comme petit pâtre, puis dans les champs avec son père.

Le 27 juin 1870, Jean Marie épouse Marie-Françoise PIQUET à Pleucadeuc. Il a 28 ans, elle en a 22. Ils sont domestiques et demeurent au lieu-dit Boizel, qui devait être leur lieu de travail. Ils ont dû s’y rencontrer. Un domestique est généralement logé par son employeur. Il participe aux travaux des champs.

Le 13 septembre de la même année, il perd son frère aîné, Joseph Louis, durant la guerre franco-allemande (1870-1871), des suites de blessures par arme à feu à l’hôpital de Metz.

En 1871, à la naissance de leur premier enfant, ils sont domiciliés  au village de Grand Fô à Pleucadeuc, berceau familial de la famille Piquet depuis 2 générations. Ici naîtront 6 autres enfants, dont mon arrière-grand-mère maternelle, Jeanne Marie Françoise en 1883.

Le 12 octobre 1871, sa sœur Perrine Marie décède à l’âge de 22 ans.

Le couple perdra aussi une fille en bas-âge en 1875 à l’âge d’un mois. Le devenir de 2 autres filles reste un mystère à ce jour, aucune mention ne figurant en marge de leurs actes de naissance.

En 1871, Jean Marie se déclare laboureur, c’est-à-dire qu’il possède au moins un attelage, avec un cheval ou une paire de bœufs, et une charrue qu’il utilise pour travailler les terres de propriétaires qui le rémunèrent, ou peut-être a-t-il des parcelles qu’il exploite à son profit.

A partir de 1875, il est journalier : il loue  au jour le jour, ses services et ne dispose que de ses bras et de ses mains pour travailler, au rythme des saisons et de la demande des exploitants, lors des labours, des moissons, pour des travaux pénibles. Il peut également être journalier à l’année dans une ferme de la commune, le fermier faisant appel à lui en cas de besoin. C’est une situation précaire : en cas de mauvais temps, il ne touche pas de salaire. C’est le niveau le plus pauvre du monde agricole.

Que s’est-il passé entre son statut de laboureur et de journalier ? Possédait-il encore des terres, son travail de journalier était-il un complément ? Cela mérite une étude plus approfondie par le biais de d’autres sources d’archives comme les hypothèques, les déclarations de succession… lors d’un prochain voyage peut-être (1140km nous séparent).

Apparemment, le couple n’a jamais quitté Pleucadeuc, et a toujours vécu dans le même secteur de la commune.

En 1900, Jean Marie assistera au mariage de 2 de ses enfants, Jean Marie et Jean Julien Marie.

Il décède le premier, à l’âge de 59 ans, le 17 juin 1901, dans sa demeure, au village de Grand Fô à Pleucadeuc. Il est déclaré cultivateur. Il manquera le mariage de sa fille, mon arrière-grand-mère en 1906, mais il n’aura pas la douleur de voir son fils aîné, Pierre Marie, décédé à l’âge de 35 ans cette même année.

Les Marouaouds

Voici l’article en entier paru en 1980 dans un journal local « Les Infos », écrit par Pierre HERVO, et que conservait précieusement ma grand-mère maternelle.

article Marouaouds 1

article Marouaouds 2

C’est le surnom donné aux défricheurs des landes ingrates du Morbihan et du sud de l’Ille-et-Vilaine entre 1850 et 1900. De grands propriétaires firent appel à des fermiers venus pour la plupart de la Loire-inférieure, du pays nantais. Ils avaient des techniques et du matériel plus modernes pour travailler la terre.

Des fermes furent créées, comme par exemple celle de Kerantoine à Pleucadeuc (56) par une branche de mes ancêtres maternels – la famille Crusson arrivée de la commune d’Assérac (44) ;  celle de la Ferme de Lanvaux à Pluherlin (56) par ma branche Blandin venue de Blain (44)…

Ces familles formaient une petite communauté, comme le font souvent les immigrés : ils se réunissaient entre eux, se mariaient entre eux. La trace de ces familles est encore visible dans les patronymes portés par les habitants de cette région.

Ainsi Jean Pierre Marie BLANDIN, mon arrière-arrière-grand-père maternel, branche maternelle, sosa n°30, épouse-t-il en 1901 à Pleucadeuc (56), Aimée Mathurine Marie CRUSSON.

De même, en 1901, le même jour, sa sœur Jeanne BLANDIN épousera Ernest CRUSSON, frère d’Aimée. En 1914 à Pleucadeuc, c’est au tour de son frère Clément BLANDIN d’épouser une sœur d’Aimée, Albertine CRUSSON.Quant à sa sœur Marie BLANDIN, elle se marie en 1905 à Pluherlin (56) avec Jean PONDART, autre descendant de Marouaouds !

Mon ancêtre Jean Pierre Marie BLANDIN avait un surnom : le défricheur. Tout un symbole !

De l’utilité des hypothèques !

De mon expérience professionnelle en tant que généalogiste successorale, je conserve l’utilisation des autres sources d’archives que l’état civil pour rebondir dans une recherche.

Ainsi pour mon ancêtre  BREVET Joseph né en 1825, je ne trouvais pas son décès dans les lieux où je l’avais rencontré : Maumusson, Pannecé, Le Pin, Saint-Mars-la-Jaille. Rien ! Ce fut de même pour sa mère.

J’entrepris de consulter les tables alphabétiques des hypothèques en ligne sur le site des Archives de la Loire-Atlantique (44) : bureau d’Ancenis. J’habite dans le Var, ce n’est pas évident d’effectuer les recherches. Voici ce que j’y ai trouvé :

Hypo Brevet Joseph

Une nouvelle commune apparaît : Teillé (44).

Retour sur l’état civil : mince, pas de décès BREVET Joseph jusqu’en 1902, mais…le décès de sa mère en 1886 !

Il me reste à consulter la case n° 42 de mon Joseph au volume 40 pour vérifier si ni figure pas une mention de décès, et avec un peu de chance une déclaration de succession.

Autre cas de figure : sur cette même table figurait un autre de mes ancêtres, Jean Marie BREVET, fils de mon Joseph, et voilà ce que j’y apprends :

hypo Brevet Jean Marie

Tous les métiers qu’il a exercés ! Moi qui pensais qu’il n’avait été que cultivateur…

Comme pour son père, je pourrais consulter sa case aux hypothèques, peut-être lors de mon prochain séjour dans la région cet été…

#Genealogie30 Jour 2-signature

Signature Aubin Dallerac

J’ai choisi de présenter une signature trouvée au bas d’un acte de naissance la semaine dernière, celle de mon ancêtre Aubin Dallerac, mon sosa n° 102. L’acte date de 1817. Aubin se présente à la mairie de Cournon dans le Morbihan pour déclarer la naissance de sa fille, Mathurine Renée, née la veille le 14 novembre. A cette date, je trouve peu d’ancêtres qui savent signer, et surtout aussi bien. C’est une belle signature, sans accroche, fluide. J’ai été surprise en la trouvant sur cet acte.

Aubin Dallerac est laboureur, les témoins le sont également. Ces derniers ont déclaré ne pas savoir signer.

J’ai donc recherché son acte de mariage dans la commune de Cournon pour vérifier s’il avait fait de même. Aubin Dallerac se marie à l’âge de 26 ans, avec Renée Vigeon le 18 juin 1811. Et voici l’unique signature que je trouve au bas de l’acte avec celle de l’officier de l’état civil. Tout aussi belle ! Leurs témoins sont tous laboureurs comme lui.

signature Aubin Dallerac 2

Aubin signera également sur les actes de naissances de 3 de ses enfants (1813, 1820 et 1829). Il décède le 17 août 1833 à l’âge de 46 ans. Je n’ai pas encore trouvé son acte de naissance qui me permettrait de vérifier si son père savait signer.

Aubin a su apposer une belle signature ornée d’une ruche (arabesque finale), est-ce le signe d’une certaine éducation ?

#Genealogie30 Jour 1-votre généalogie

La généalogie de mes deux enfants se concentre essentiellement dans le nord-ouest de la France, en Bretagne et dans les Pays-de-la-Loire. Pour être plus précise, et en l’état actuel de mes recherches :

  • côté paternel : la branche paternelle trouve ses racines en Anjou et dans le Finistère et la branche maternelle exclusivement en Anjou (Le Val d’Anjou et les Mauges),
  • côté maternel : la branche paternelle débute dans le Baugeois et se poursuit en Loire-Atlantique ; la branche maternelle se situe en Bretagne, dans le Morbihan (Pleucadeuc, Saint-Congard, Les Fougerêts…), l’Ille-et-Vilaine (Sixt-sur-Aff) et la Loire-Atlantique (Assérac, Blain…)

Leurs ancêtres exercent  les métiers de cultivateur (la plupart), cantonnier, charron (plusieurs générations), boucher, saunier, tisserand, domestique, menuisier, maréchal taillandier, marchand, vigneron, sabotier, couturière, lingère, dévideuse…et même une mendiante

Pour ce qui est des patronymes, j’ai mis un encart pour le côté maternel sur ce blog. Dans la ligne paternelle, nous avons les noms Eugène, Toisnos, Hubert, Hamelin, Riotteau, Homer, Loiseau, Maillet, Delepine, Corvasier, Manier, Négrier, Dufossé, Chalopin, Mittonneau, Bouju, Guitton, Chaillou, Delatable, Plansonneau, Viau, Camus, Lofficial, Dubillot, Leboucher, Lefrère, Chevé, Brivain, Durand, Réveillon, Roger, Moron, Thuau, Picot, Boulay, Canevet, Goulu, Fortin, Dauphin, Jeulin, Mazé, Jaugourdeau, Cotinier, Hocdé…