Désiré, prisonnier de guerre 39-45, #Généathème

Eté 2001. Je profite d’un séjour en Bretagne pour débuter la généalogie de ma famille maternelle. En discutant avec ma grand-mère Agnès à ce sujet, elle me présente le livret de famille des parents de mon grand-père Raymond, décédé en 1988. Je le feuillète et je découvre alors que le fils aîné a été fait prisonnier pendant la Seconde Guerre Mondiale !

LFDB Désiré

 

Désiré Jean Marie LE FIER ou LE FIER DE BRAS, selon les documents, est né le 11 mai 1907 à Malestroit (56). Il est le fils aîné de Jean Marie et de Jeanne Marie Françoise LE CHÊNE.

Il exerce la profession de valet de chambre et est domicilié à la Cantine à Pleucadeuc chez ses parents, quand il est mobilisé au 6ème Génie d’Angers. Il est soldat de 2ème classe. Il fut fait prisonnier dans les Vosges en 1940.

 

Liste prisonniers de guerre Gallica

Liste officielle des prisonniers de guerre de la Bibliothèque Nationale sur Gallica

Il fut envoyé au Stalag XII F le 07 juillet 1940. Un stalag est un camp pour les prisonniers de guerre, les soldats. Le Stalag XIIF, situé en Lorraine annexée par l’Allemagne, faisait partie de la 12ème circonscription militaire du Reich, celle de Wiesbaden. Il était situé à Forbach puis Sarrebourg du 15 novembre 1940 à septembre-décembre 1944, et fut déplacé à Freinsheim (Allemagne) jusqu’en mars 1945. Au 1er septembre 1943 y étaient dénombrés 17 524 Français sur 49015 prisonniers.

Camp de Forbach

Camp de Forbach à l’époque sur http://www.stalag.13fr.org

Carte stalags

Carte des stalags sur Mariegenea.canalblog.com

A son arrivée, chaque prisonnier reçoit un numéro matricule gravé sur une plaque de métal qu’il devra toujours avoir sur lui, et qu’il conservera tout au long de sa captivité même s’il change de camps. Les prisonniers un peu vaillants étaient envoyés dans les villages et les fermes comme travailleurs agricoles. Les plus faibles étaient condamnés à mourir.

Mon grand-oncle Désiré a-t-il travaillé dans une ferme ? Est-il resté 5 années en captivité ? Il n’a jamais évoqué cette période de sa vie, sans doute trop pénible pour lui. Il a survécu à des conditions de détention inhumaines et au typhus. A son décès en 1982, je n’avais que 9 ans. J’étais trop jeune pour m’intéresser à ces évènements. C’est dommage mais, aurait-il voulu témoigner sur ce passé ?

Si vous souhaitez plus d’informations sur le stalag XIIF, consultez le site http://www.stalag.13fr.org

 

 

 

Témoignages de MAI 68

Pour mon premier article, et en ce mois de mai 2018, j’ai choisi d’évoquer les 50 ans de mai 1968. Je n’étais pas née et, il m’est difficile de comprendre l’atmosphère et l’importance de cet événement. La plus grande grève que la France n’ait jamais connue ! Dans mon enfance, mon père en parlait quand il évoquait son service militaire. Aussi lui ai-je demandé de me raconter cette période courte mais marquante de sa vie d’appelé.

« 6 semaines sans permission ! », m’a-t-il dit.

Il effectuait ses classes en caserne à Montlhéry, dans l’Essonne quand les révoltes commencèrent. Il fut alors consigné avec ses camarades, un groupe de CRS et des commandos de la marine de Toulon. La caserne était sur le qui-vive pour monter sur Paris en cas de coup dur. Tous dormaient en tenue sans les rangers, avec la baïonnette dans le lit. Une nuit, l’alerte fut donnée et ils furent envoyés dans une caserne plus proche de Paris. Ils y prirent leur petit-déjeuner et rentrèrent à Montlhéry. Fausse alerte !

Durant une semaine, il fut rattaché à la surveillance de l’émetteur des antennes de télévision et radios à Villebon sur Yvette. La rumeur disait que les manifestants voulaient les faire sauter. Alerte en pleine nuit, du bruit mais rien. Le lendemain, ils s’aperçurent que le paysan du champ d’à côté avait mis ses vaches. L’avait-il fait exprès ?

Puis, vint le moment où l’Armée fut réquisitionnée pour ramasser les ordures à Paris, infesté par les rats. Mon père et des camarades durent récupérer les camions-poubelles au dépôt en présence des grévistes. Des CRS furent déployés pour pouvoir faire circuler les camions dans Paris en toute sécurité parmi les manifestants. Mon père prit le volant pendant une semaine, accompagné de deux « taulards » qui ramassaient les montagnes de détritus. Les restaurants étaient contents de les voir arriver.

Il se souvient également : « de ce CRS qui a pris un pavé au visage, pourtant placé en 2ème ligne car son collègue devant lui s’était baissé pour l’éviter !  Il était content car il allait pouvoir quitter ce bazar ! »

Bref, pour mon père, c’est un plus ou moins bon souvenir ! Il prend plaisir à le raconter, il en rigole même : « 6 semaines sans permission et un sacré bordel !».

Pour ma mère, ce fut différent : elle était pensionnaire au lycée Beaumont à Redon (35). Les cours étaient suspendus. Elle a appris à jouer à la belote pour passer le temps !!!

Et vous ? Avez-vous été témoins de mai 68 ?

Bienvenue sur mon blog !

Après de multiples hésitations, je me lance. Après tout, qui ne tente rien, n’a rien !

Ma passion pour la généalogie remonte à mes années universitaires. Il y a déjà 20 ans. Au cours de la préparation de mon mémoire de maîtrise en histoire moderne, j’ai été amenée à fréquenter les archives départementales du Maine-et-Loire (49). J’ai alors découvert le monde de la généalogie. A l’époque, pas de diffusion d’archives via internet, mais ces fameux microfilms qu’il fallait installer sur des lecteurs qui parfois titillaient notre patience ! Bobines que les lecteurs de certains dépôts d’archives doivent encore utiliser pour certaines sources comme celui des Bouches-du-Rhône. C’était également à celui qui arrivait le premier pour obtenir le meilleur lecteur. Que de souvenirs de ces débuts ! Bref, j’ai commencé à remonter le temps et…j’ai attrapé le virus !

J’en ai également fait mon métier pendant 13 ans en tant que généalogiste-chercheuse au sein de 2 études généalogiques dans le sud-est de la France. Aujourd’hui une page se tourne. Je ne regrette rien car j’ai beaucoup appris et j’espère ne pas m’arrêter là.

Par ce blog, c’est un retour aux sources : la généalogie familiale que j’ai mise un peu de côté faute de temps. Ce blog me permettra de partager des pans de ma généalogie, des articles sur différents thèmes en lien avec la généalogie, de participer au challenge AZ 2018…

C’est une nouvelle aventure !