#ChallengeAZ – Z comme Zut

Zut pour ne pas avoir pensé ou osé poser des questions sur la vie de ma grand-mère et de mon grand-père quand elle était encore de ce monde, et surtout avant sa maladie.

Eternel regret !

Zut surtout pour cette fichue maladie.

En juin 2001, je prépare un anniversaire surprise en l’honneur de ma grand-mère Agnès. Elle va fêter ses 75 ans. J’ai invité ses 6 enfants et ses 16 petits-enfants, presque tous ont répondu présents. Le secret est bien gardé jusqu’au jour J.

Je prétexte à ma grand-mère des recherches généalogiques auprès de la mairie de Pleucadeuc, pour venir la semaine qui précède la fête afin de finaliser la préparation. Elle ne se doute de rien et surtout, elle est loin de s’imaginer l’arrivée de tous ses enfants et une grande majorité de ses petits-enfants.

Je m’inquiète un peu pour elle car je m’aperçois qu’elle oublie, ne se souvient plus du sujet de notre conversation et recommence au début sauf…lorsqu’elle évoque le passé. Elle agit de façon bizarre comme en mettant la viande dans le buffet au lieu de la mettre au frigo !

Le jour J arrive ! Il fait très beau en ce jour du 23 juin 2001. Toute la famille s’est donnée rendez-vous chez notre cousin Alain, mis dans la confidence. C’est une arrivée groupée ! Ma grand-mère Agnès sort soudain de la maison ; elle a entendu du bruit, des voitures me dit-elle !

C’est la surprise ! Mais que font-ils tous là ? Elle n’en revient pas. Elle me traite gentiment de « cachotière » ! Elle a les larmes aux yeux. Le repas est prévu, l’animation également, la gâteau d’anniversaire évidemment…les tentes.

C’est une agréable journée passée en Bretagne, à Beausolon, sur la propriété familiale avec tout le monde !

Le week-end touche à sa fin. Je parle à ma mère de l’état de santé de mamie. Elle m’écoute perplexe. Elle sent elle-aussi que quelque chose ne va pas. Un rendez-vous sera pris avec le médecin de famille de Pleucadeuc en présence de ma mère, l’aînée de la famille. Selon lui, Agnès souffre d’une dépression.

C’est vrai qu’Agnès se retrouve seule chez elle, la plupart de ses frères et sœurs, beaux-frères et belles-sœurs sont décédés dont sa sœur aînée Lucienne qui vivait à proximité et qu’elle voyait quotidiennement. Cette dernière nous a quitté au début de l’année 2000. Une de ses belles-sœurs, à qui elle rendait visite régulièrement dans un hameau proche, a été récemment placée en maison de retraite pour des raisons de santé.

En y repensant, je m’aperçois qu’elle est seule dans cette maison loin du bourg où elle pourrait rencontrer des personnes à qui parler. Seule toute la journée, du matin au soir, comment se déroulaient ses journées ? Quand je suis trop longtemps seule à la maison, sans personne à qui parler, je n’en peux plus, je dois sortir, parler ne serait-ce qu’avec un commerçant, une mère de famille, un voisin. Cela fait du bien. Il y a bien son neveu Alain qui veille sur elle, qui surveille si les volets sont ouverts, mais il a ses occupations, son travail…Je peux comprendre sa dépression.

Les mois qui suivent voient ma grand-mère Agnès sombrée dans la maladie. Elle paraît incohérente au téléphone avec ma mère qui prend peur et alerte ses frères et soeurs. Les enfants décident de la placer en maison de retraite. Justement une place est ouverte dans son village. Elle y vivra désormais dans une grande chambre avec coin de réception. Les repas sont pris en commun mais elle peut recevoir « chez elle ».

Malheureusement la maladie s’installe, s’aggrave rapidement, trop rapidement. Cette maladie a un nom : la maladie d’Alzheimer ! Ma grand-mère se souvient très bien du passé mais pour ce qui est du présent, c’est compliqué !

Un jour, le responsable de la maison de retraite appelle ma mère pour lui annoncer que ma mamie a disparu. Elle est sortie sans prévenir et n’est toujours pas rentrée. La gendarmerie a été prévenue. S’agissant d’une personne atteinte d’Alzheimer, les gendarmes demandent où a vécu ma grand-mère. Ma maman évoque plusieurs possibilités sur Pleucadeuc, à Saint-Congard où son père a vécu quelque temps après le décès de sa mère, où elle a été placée chez une de ses tantes. Les gendarmes font le tour. L’inquiétude monte…

Finalement, non sans mal, une patrouille la retrouve tombée dans un fossé en direction de Saint-Congard : plus de peur que de mal mais elle aurait pu finir dans cet endroit. Ma grand-mère Agnès racontera qu’elle voulait rendre visite à son père (décédé en 1947) !

Grand-mère est présente physiquement mais son esprit est loin de nous. Celle que nous connaissions n’existe plus.

Désormais, son état de santé oblige le médecin à la placer dans une EHPAD, la Résidence des Ormes à Missiriac (56). Je ne la reverrai plus ; mon esprit ne le veut pas. Je suis incapable de la voir dans cet état. Je souhaite garder une autre image de ma grand-mère.

Ma mère me donne de ces nouvelles après chaque visite : « ta grand-mère était agressive ! », « on aurait dit une enfant ! », « elle a demandé des nouvelles de grand-père » décédé en 1988…

Pendant plusieurs années, la famille a dû vivre avec cette maladie, attendant le coup de téléphone qui leur annoncera la fin de cette tragédie.

Ma grand-mère Agnès est décédée le 5 octobre 2009. (D comme…)

 

 

 

 

 

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#ChallengeAZ – Y comme Youpi

Youpi les vacances en Bretagne !

C’est l’été. Par un beau samedi ensoleillé, avec ma famille, nous quittons la maison direction la Bretagne. Les vacances scolaires sont l’occasion de retrouver nos racines maternelles. Nos parents profitent du premier week-end de juillet pour nous emmener passer plusieurs semaines chez nos grands-parents, Agnès et Raymond. Eux reviendront dimanche pour le travail, en attendant leurs congés en août.

Dans ma tête, c’est le bonheur, la joie, l’excitation ! J’adore passer mes vacances à Pleucadeuc, cette petite commune du Morbihan (56). Mais, pour atteindre la destination, il faut encore patienter 2 heures en voiture. Nous vivons au May-sur-Evre (49), près de Cholet.

Depuis toutes ces années, je connais la route par cœur : Beaupréau (49), Ancenis (44), Nort-sur-Erdre (44), Blain (44), Redon (35), Peillac (56), Saint-Gravé (56) et Pleucadeuc… pour faire court !

carte vacances

Enfin, nous arrivons à Pleucadeuc ; à l’angle de l’épicerie de Ginette, sur la place de l’église, mon père tourne à gauche direction la Gare.  Encore 2km500 et nous sommes arrivés au lieu-dit La Gare où nous passons devant la maison de notre cousin Alain. mon père klaxonne pour signaler notre arrivée ! La voiture passe la ligne de chemin de fer et tourne à gauche, lieu-dit Beausolon ou Bausolon selon les écrits.

Le chemin de pierres nous secoue un peu ; les pommes du vieux pin, situé à mi-chemin, craquent sous les pneus ; le vert de la fougère et la vue sur la forêt me font sourire…

J’aperçois une silhouette au pignon de la maison familiale. C’est notre grand-mère Agnès qui a entendu le bruit d’une voiture arrivée et qui est sortie pour voir si c’était bien nous. La voiture s’arrête dans la cour. Tout le monde s’embrasse, heureux de se retrouver !

Vacances bretonnes riment avec liberté absolue ou presque. A nous la campagne, la forêt, la balançoire, les lapins qu’il faut nourrir et les œufs qu’il faut ramasser quotidiennement dans le poulailler, le passage du train, les galettes du vendredi, les balades à pied…

vacances Cousines, ma fratrie et moi-Archive privée

Nous retrouvions également nos cousins/cousines, les enfants du cousin germain de ma mère, Alain qui vivaient à proximité. Puis, ce sera l’arrivée, dans le courant du mois de juillet, de nos amis parisiens dont la grand-mère Denise vivait dans la maison jouxtant celle de mes grands-parents. Nous montions à l’échelle pour savoir si nous pouvions venir jouer.

Nous revoyions également nos cousins germains vivant à Pleucadeuc, Questembert (56) ou Ploemeur (56).

lac

 

Quand mes parents revenaient en août, nous allions rendre visite à des oncles et tantes de ma mère ou ce sont eux qui venaient ayant appris leur venue. Nous faisions un petit tour au lac de Rochefort-en-Terre (56-photo ci-contre) ou en bord de mer à Damgan (56) pour se baigner. Nous allions au marché de Questembert.

 

 

Damgan Damgan

Nous partions parfois la journée pour rendre visite à mon oncle Bernard et sa famille à Ploemeur (56) près de Lorient. Je me souviens être allée au Festival Interceltique de Lorient.

Ploemeur Avec mes cousins à Ploemeur-Archive privée

 

Bref, c’était une période que j’adorais et qui m’a fait aimer la Bretagne !

 

 

 

 

#ChallengeAZ – X comme X photos

Voici un pêle-mêle de X photos d’Agnès à différentes époques !

mamie petite  Photo Raymond et Agnès  Agnès 1950

1927/8                            1949                       1950

Agnès 1952  Agnès 1954

1952                                                                                       1954

Agnès 1957  Agnès 1962

1957                                                                                1962

Agnès 1975                                         Agnès 1982

1975 Avec moi dans les bras de ma mère                                      1982 avec ma mère

Agnès 1985   Agnès 2001

1985 avec papi                                                       23 juin 2001 avec ses enfants

Agnès 2001 2

23 juin 2001 avec ses petits-enfants présents pour ses 75 ans !

 

 

#ChallengeAZ – W comme Wagon

Wagons de mes vacances bretonnes !

La maison de ma grand-mère Agnès était située en bordure de la ligne de chemin de fer reliant Questembert à Ploërmel (56).

Pleucadeuc a eu sa propre gare que je n’ai pas connue en service. C’est une ancienne gare ferroviaire. Elle fut ouverte le 27 juin 1881 par la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans, avec une voie unique.

Le trafic de voyageurs, qui va compter jusqu’à 4 trains par jour, cessera en 1938. Celui de marchandises, que j’ai connu, est fermé définitivement en 1991.

Puis, la mairie a acheté la gare et a transformé le bâtiment en deux logements mis en location saisonnière. J’ai eu l’occasion d’y dormir un week-end où mes grands-parents avaient trop de monde à coucher. Puis, sans doute par manque de rentabilité, la commune les a vendus à des particuliers.

gare p

Gare de Pleucadeuc –Sauvegarde de la mémoire « De la voie ferrée à la voie verte » site de la mairie, cameo.com/45302004

La gare de Pleucadeuc était composée de la maison du chef de gare, d’une salle d’attente et d’une salle des colis. Elle avait son propre puits.

Agnès  a pris une fois le train de voyageurs pour arriver à Pleucadeuc en 1929, lorsque sa famille revient vivre en Bretagne. Elle avait 3 ans. Elle a vécu le passage des trains de marchandises lorsqu’elle s’installa à La Villemène puis à Beausolon avec mon grand-père à partir de 1949. C’est un passage quotidien, deux le matin et deux l’après-midi qui rythment la vie de tous les jours.

Enfant, avec ma sœur et mon frère, pendant nos vacances d’été, nous attendions tous les jours le passage de ce train à l’heure du goûter. Le conducteur en avait lui aussi pris l’habitude : il actionnait son sifflet à l’approche de la gare et nous nous précipitions pour notre salut mutuel.

La locomotive tirait parfois une longue suite de wagons. Le train pouvait tirer des wagons remplis de bois, d’engrais, de céréales, de foin, des wagons de gaz, de matériaux…de poteaux de mine qui partaient pour l’Angleterre.

Le conducteur ralentissait pour s’arrêter avant le passage à niveau, descendait pour baisser les barrières à l’aide d’une manivelle, remontait et avançait son train de l’autre côté pour revenir ensuite ouvrir de nouveau la route à la circulation.

La fin du trafic sonne le glas de la ligne, laissée à l’abandon. En 1997, le département achète la portion de la ligne entre Mauron et Questembert. Des travaux sont alors engagés. Les rails sont démontés, les bas-côtés aplanis, les points dangereux sécurisés.

Depuis 2002, la voie ferrée est devenue une voie verte qui relie Questembert à Mauron et fait le bonheur des marcheurs, cyclistes et promeneurs du dimanche. Elle permet de découvrir une partie du territoire d’une autre façon, à travers sa nature, son paysage et pas seulement par son folklore, ses villages typiques…

voie verte

La voie verte-Sauvegarde de la mémoire « De la voie ferrée à la voie verte » site de la mairie, cameo.com/45302004

voie verte vélo

La voie verte-Sauvegarde de la mémoire « De la voie ferrée à la voie verte » site de la mairie, cameo.com/45302004

 

Sources

Jean-Pierre Rigouard, « de Questembert à Ploërmel », Gares et tortillards de Bretagne, cheminements, 2007

Jean-Charles Guimard, « de la voie ferrée à la voie verte », La voie verte Mauron-Questembert (Morbihan), 2009

Sauvegarde de la mémoire « De la voie ferrée à la voie verte » site de la mairie, cameo.com/45302004

 

 

#ChallengeAZ – V comme Villemène

La Villemène est un lieu-dit de la commune de Pleucadeuc (56), composé de plusieurs habitations.

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Carte sur le site de la ville de la ville de Pleucadeuc

Agnès épouse le 13 novembre 1949 mon grand-père Raymond LE FIER DE BRAS. Le couple s’installe dans une des maisonnées de La Villemène, située le long du chemin de fer, au nord de la ville.

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http://www.ectm.fr

Ils y resteront jusqu’en 1957, date à laquelle ils achètent leur maison à Beausolon.

Près du hameau se trouvait l’étang du petit Gournava : tous les jeudis c’était jour de lessive.

Le beau-père d’Agnès, Jean Marie LE FIER DE BRAS, viendra vivre avec eux après le décès de son épouse le 25 juillet 1953. Il y décèdera le 11 février 1954.

La maison était composée d’une seule pièce en parquet avec une cave en-dessous et un grenier. En entrant dans la maison, se trouvait derrière la porte le lit du grand-père LE FIER DE BRAS puis une armoire en bois, deux lits de coins, une table au milieu. Sur l’un des pignons il y avait la cheminée, pas d’eau ni d’électricité.

Photo vi

Photo devant la maison de la Villemène en 1955-archive privée

A l’extérieur, un jardin qui allait jusqu’au remblai du chemin de fer et les toilettes au fond !

Mes grands-parents avaient un poulailler du côté de chez la voisine. Le hameau disposait d’une fontaine pour toutes les familles.

Au-dessus de la maison ma mère se souvient d’une ferme où ils allaient chercher du lait et du beurre. Il fallait passer sous la voie ferrée par un passage voûté.

 

 

#ChallengeAZ – U comme Un vélo

Voici le vélo de ma grand-mère Agnès conservé par mes parents !

vélo

Je l’ai toujours connu mais avec ses sacoches noires à 2 sangles accrochées à l’arrière qui nous servaient à mettre les courses. Un peu comme celle-ci.

sacoche

Pendant nos vacances scolaires, surtout l’été, ma sœur et moi faisions les courses pour notre mamie bretonne. Elle nous donnait une liste et nous parcourions les 2,5 km qui séparent la maison du bourg de Pleucadeuc. J’en garde un très bon souvenir.

Ce vélo bleu était très convoité. C’était le plus récent, le plus maniable ! Avec ma sœur, c’était chacune son tour au jour le jour.

Avec nos amis parisiens, il nous est arrivé de faire des balades à vélo à travers la campagne pendant l’été. La dispute au départ : qui va prendre le vélo bleu ? Souvent, c’était ma sœur car elle était plus grande, et les 2 autres vélos n’étaient pas adaptés à sa taille. Mon petit frère se retrouvait avec un vélo blanc moins maniable et il râlait. Au milieu de la promenade, semés par les autres, je cédais et lui laissais le vélo de course qui avait appartenu à mon oncle Bernard. C’était une vraie galère ce vélo !

Ma mère et sa fratrie utilisaient beaucoup ce moyen de transport car mes grands-parents n’ont jamais eu de voiture ni le permis.

JC vélo

Mon oncle André sur le vélo de course-Archive privée

 

Ma grand-mère Agnès utilisait régulièrement son vélo pour aller au bourg ou rendre visite à de la famille dans les hameaux des environs. Il me semble qu’elle le faisait encore au début des années 2000.

 

 

#ChallengeAZ – T comme Treize

En faisant la généalogie de ma grand-mère Agnès, j’ai relevé beaucoup de dates dont le jour tombe le 13 du mois :

-Le 13 novembre 1949, Agnès se marie avec Raymond LE FIER DE BRAS.

-Le 13 novembre 1902 naissance de la mère d’Agnès, Sidonie BLANDIN.

-Le 13 novembre 1951 naissance de son fils Raymond LE FIER DE BRAS

-Sa fille, ma mère, Marie-Hélène LE FIER DE BRAS naît un 13 septembre.

-Le 13 décembre 1988 décès de son époux Raymond LE FIER DE BRAS.

-Puis, sa petite-fille Séverine épouse Emmanuel, né un 13 août.

-Enfin, son arrière-petit-fils, qu’elle n’a pas connu, Nathan, mon fils, est né un 13 octobre.

-Moi-même, je suis née en mille neuf cent soixante-treize.

Avant cela, sa grand-mère maternelle, Aimée Crusson était née un 13 juillet 1875 à Pleucadeuc (56).

En remontant dans sa généalogie, je trouve de nouvelles dates d’ancêtres directs :

-le décès de Marie GENOIST, épouse BLANDIN, le 13 décembre 1895 à St-Gravé (56)

-le décès de Joseph PHILIPPO le 13 septembre 1863 à Saint-Congard (56),

-le mariage de ROUÉ Jean et de Perrine BERNARD un 13 octobre 1844 à Plessé (44).

Avec son mariage avec mon grand-père Raymond LE FIER DE BRAS, je peux rajouter quelques dates figurant dans la généalogie de cette famille :

-le décès de Marie Mathurine ROYER, veuve DANET, le 13 septembre 1878 aux Fougerêts (56)

-le décès de Pierre Marie LE FIER DE BRAS le 13 avril 1871 à Saint-Congard (56) qui était né un 13 mars 1823 à Saint-Vincent-sur-Oust (56)

 

Ma généalogie n’étant pas terminée, la liste pourrait bien s’allonger !